Missile emblématique d’une époque ou le radar était l’ennemi principal de l’avion de combat, le Martel, Missile AntiRadar TELevision, est né de la collaboration au début des années 60 entre les sociétés française MATRA et britannique Hawker Siddeley Dynamics. Ces firmes produisirent respectivement les versions antiradar et à guidage TV du missile. La France commanda 150 AS-37 antiradar et la Grande-Bretagne 200 Martel TV et 150 Martel AR  Le premier tir en mode guidé eu lieu en 1965 et les premiers missiles furent livrés aux forces en 1970. Chez les Britanniques il fut un des armements antinavire du Buccaneer En France la 3e Escadre de Chasse se spécialisa dans la lutte anti radar. Son but était de nettoyer les défenses antiaériennes ennemies afin de créer des brèches dans le dispositif adverse pour favoriser la .pénétration des chasseurs alliés. L’Aéronautique Navale, elle aussi utilisa aussi le Martel sur Breguet Atlantic, à raison de deux missiles sous voilure. La Grande-Bretagne refusant l’export du Martel, un nouveau missile fut développé sur la base de celui-ci, l’ARMAT (Anti Radar MATRA).Le missile a été vendu en Irak.

Le missile pesait 550kg (dont 150 de charge explosive) pour 4,2 mètres de long et avait une portée allant de 50 à 150km. En fonction de la longueur d’onde du radar à détruire trois têtes chercheuses étaient adaptables sur le missile.

D’abord porté par les Mirage IIIE de la 3e Escadre de Chasse, l’AS-37 équipa aussi le Jaguar à partir de 1977 au sein de l’EC 3/3 « Ardennes ». A son passage sur Mirage IIIE en mai1987, la cellule Martel sur Jaguar n’en continua pas moins à être active au sein de l’EC 2/11 « Vosges ». En 1994, à la dissolution de cet escadron, la mission anti-radar est confiée à l’EC 1/7 « Provence » jusqu’au retrait des derniers Martel de l’inventaire de l’Armée de l’Air en 1997 L’attaque des radars du terrain d’aviation libyen de Ouadi-Doum dans le nord du Tchad en janvier 1987 constitue le principal fait d’arme du couple Jaguar/AS 37. A cette occasion les quatre Jaguar de la mission étaient équipés d’un panachage de têtes anti radar permettant de scruter le plus large spectre d’ondes possible.

Le choix par la France de chasseurs à haut niveau d’autoprotection et la nécessité de réduire son budget conduisit l’armée de l’Air à abandonner sa capacité de suppression des radars en 1997, lors du retrait de l’AS 37 Martel. L’arrivée massive de l’armement guidé laser a changé la donne.

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